Panasonic Lumix 7-14/4.0 : le test sur Olympus E-P2

FrançaisEnglishEspañol

Le Zuiko Digital 7-14/4.0 est un objectif mythique auprès des utilisateurs de reflex 4/3. Et il est assez intéressant de constater que le Micro 4/3 s’est vu offrir assez vite (le 3 mars 2009) un « équivalent » avec le Panasonic Lumix 7-14/4.0 objet de ce test.
Le Panasonic Lumix 7-14/4.0 offre bien entendu comme le Zuiko Digital un angle de champ équivalent à un 14-28mm, soit un angle de 114° en diagonal à la focale la plus courte (7mm) et 75° à la focale la plus longue (14mm).
La première chose qui frappe lorsque l’on découvre ce Panasonic Lumix 7-14 c’est son encombrement très réduit comparé à son équivalent 4/3, le Zuiko Digital. La photo ci-dessous montre ce Lumix 7-14 (à droite) en compagnie du Zuiko Digital 7-14 (au centre) et d’un Canon EF 14/2.8 II USM (à gauche). Le Lumix ressemble à un Zuiko Digital en miniature !
Avec une longueur de 83mm, un diamètre de 70mm et un poids de 300gr, le Lumix est vraiment micro.
Pour mémoire, le Zuiko Digital est long de 119.5mm pour un diamètre de 86.5mm et un poids de… 780gr !
Le Canon EF 14/2.8 II USM est long de 94mm pour un diamètre de 80mm et un poids de 645gr. Un Nikkor 14-24/2.8G (plus lumineux et proposant un range sensiblement plus court que les Zuiko Digital et Panasonic Lumix) est long de 131.5mm avec un diamètre de 98mm pour un poids d’1kg !
Le Lumix illustre ici clairement l’avantage de la monture micro 4/3 (et son faible tirage). Mais on notera que le Zuiko Digital offre une qualité de fabrication et des matériaux d’un cran très supérieur (sans compter que le Zuiko Digital est tropicalisé). Le Lumix, dont l’esthétique sied plutôt bien à l’E-P2, est très sobre et sa qualité de fabrication ne souffre objectivement pas la critique, c’est juste que le Zuiko Digital va beaucoup plus loin et fait véritablement « bel objet ».
La différence d’encombrement entre un système 4/3 constitué d’un E-3 et du Zuiko 7-14 (1,665kg) comparé à celui d’un système Micro 4/3 E-P2 et Lumix 7-14/4.0 (680gr…) est réellement impressionnante et très sensible à l’usage. L’E-P2 et son Lumix sont autrement plus transportables et discrets, ce qui n’est pas un mince avantage en ville notamment. L’AF du Lumix est également très silencieux ce qui s’accorde plutôt bien avec la douceur de fonctionnement de l’E-P2.
 
S’agissant de la qualité d’image, pour rappel, les objectifs Micro 4/3 embarquent une correction logicielle de leurs défauts optiques, les objectifs « communiquant » alors avec le boîtier. Ainsi un objectif Panasonic sera corrigé même monté sur un boîtier Olympus et inversement. Toutefois, comme il y a communication entre boîtier et objectif, la correction pourra connaître d’infimes variations selon que le boîtier est un Panasonic ou un Olympus. C’est en particulier le cas des aberrations chromatiques, a priori « mieux » corrigées sur les boîtiers Panasonic.
Pour vous permettre de vous faire une idée, nous avons pris une photo de ce mur de brique (ici, la photo à 7/4.0), N’hésitez pas à cliquer sur l’image pour l’agrandir.
En sortie de boîtier, compte tenu de cette correction embarquée, les performances du Lumix sont déjà optimales. Ainsi, les distorsions sont à mon sens plutôt bien maîtrisées et ce, même à 7mm ! S’agissant du Zuiko, ses possesseurs savent que son niveau de distorsions peut varier avec la distance de MAP (elles peuvent être relativement marquées à courte distance) mais le Zuiko malgré l’absence de correction en sortie de boîtier se situe déjà à un excellent niveau.
Voici une série de crop 100% des photos de ce mur réalisées à 7mm, 10mm et 14mm et aux ouvertures suivantes : f/4, f/8 et f/11.
7mm f/4.0
7mm f/8.0
7mm f/11
10mm f/4.0
10mm f/8.0
10mm f/11
14mm f/4.0
14mm f/8.0
14mm f/11
 
La partie centrale est déjà très piquée dès 7mm et ce, dès la pleine ouverture (on ne note pas de différence notable en piqué sur cette zone centrale en diaphragmant ou aux autres focales). On peut noter qu’à 7/4.0 si la zone autour du centre (la périphérie) est encore bien piquée, les coins sont en revanche assez mous. Ce n’est pas forcément une surprise s’agissant d’un UGA aussi extrême et en tout état de cause, on gagne assez vite en homogénéité en diaphragmant, l’optimal semblant se situer autour de f/8.0.
Nous n’avons pas poussé ces tests au-delà de f/11 dans la mesure où l’on dispose déjà d’une belle profondeur de champ (équivalent à f/22 en 24×36 et nous parlons d’un UGA…) et que les effets de la diffractions commenceront par hypothèse à se faire sentir (cela semble d’ailleurs commencer à se faire sentir sur l’homogénéité du piqué, cf. les coins qui semble un peu moins bons à f/11 qu’à f/8).
Le Lumix présente, comme le Zuiko Digital (comme tous les UGA en réalité), une réelle sensibilité au flare. Le Lumix ne me semble pas faire mieux que le Zuiko. Peut-être est-ce l’habitude que j’ai d’utiliser le Zuiko mais avec ce dernier, le flare me semble présenter un aspect un peu plus « joli » et moins pénalisant pour le rendu de l’image.
 
Sur le terrain, comme pour tout UGA, le Lumix 7-14 n’est pas un objectif de serial shooter. A l’instar du Zuiko Digital, le Lumix est en effet très exigeant en termes de composition :
- considérant l’angle de champ couvert, un nombre très important d’éléments rentre dans l’image et il faut travailler sa composition pour réaliser une image qui ne soit pas un fouillis indescriptible.
- les effets de perspective peuvent vite devenir exagérés, voir caricaturaux. Il faut ainsi être notamment très attentif à son premier plan.
- les verticales sont enfin particulièrement sensibles. Ainsi si le plan objectif capteur n’est pas parfaitement parallèle au sol, les verticales s’écrouleront en A (si l’objectif est orienté vers le ciel) ou au contraire en V (si l’objectif est orienté vers le sol). A cet égard disposer de niveaux électroniques comme c’est le cas avec l’E-P2 s’avère assez utile pour assurer également un horizon bien horizontal !
 
Pour un usage urbain, la compacité et la discrétion de ce Lumix et de l’E-P2 font merveille et sont un gage de tranquillité très appréciable. Cela permet en effet de prendre son temps pour composer ses photos, sans le poids des regards méfiants de certains passants.
  OLYMPUS DIGITAL CAMERA
 
Conclusion :
Le Panasonic Lumix 7-14/4.0 est bien fini, performant et discret… C’est donc un ultra angulaire à nos yeux très réussi. Et il s’accorde vraiment très bien avec un E-P2.
Le Zuiko Digital reste une pièce majeure avec un charisme quasi magnétique tant sa qualité de fabrication est superlative.
L’idée de ce test n’est pas de dire si l’un peut remplacer l’autre, si l’un est meilleur que l’autre. D’ailleurs, pour ce faire, il faudrait monter ces objectifs sur le même boîtier et je doute sincèrement de l’intérêt de monter des objectifs 4/3 sur des boîtiers Micro 4/3 (ce montage anéantissant l’intérêt du concept même du Micro 4/3 : la compacité).
Ces deux systèmes ne s’adressent pas exactement aux mêmes photographes et ne satisferont pas nécessairement les mêmes besoins. Ceux qui ont besoin de matériels à l’épreuve des conditions les plus difficiles trouveront plutôt leur bonheur avec le Zuiko Digital (que l’on montera de préférence sur un reflex !). Les autres, adeptes de la discrétion, seront servis avec ce Lumix Micro 4/3.
Dans les deux cas, on ne peut que constater que le 4/3 et désormais le Micro 4/3 disposent chacun d’un UGA de très grande qualité. On pourrait certes demander un peu plus d’ouverture car même si à ces focales cet aspect est moins critique, on peut quand même avoir besoin d’un minimum de vitesse. C’est que ces objectifs rendent exigeants… On regrette en fait surtout (en particulier pour une utilisation « archi ») de ne pas disposer d’un 7mm tilt & shift qui permettrait d’obtenir des résultats encore plus satisfaisant, sans recadrage.
A noter que le parc optique Micro 4/3 compte également depuis quelques semaines un Micro Zuiko 9-18/4.0-5.6 qui offre une autre solution UGA, avec une plage focale très différente ce qui confère certainement un caractère et un usage un peu différent de ce Lumix 7-14.
 
Pour retrouver l’intégralité de nos tests (notamment nos tests de l’E-P2, du Micro Zuiko Digital 9-18/4.0-5.6), cliquez sur cette page.
Mots clés :
 

3 Responses : “Panasonic Lumix 7-14/4.0 : le test sur Olympus E-P2”

  1. doubichou dit :

    Un grand merci à Jacqueline Rhodes pour la traduction en anglais de l'article et à Emilie Diaz pour la traduction en espagnol !

    Thank you so much Jacqueline ! Muchas gracias Emilie !

    :-)

  2. [...] New Panasonic 7-14mm, Olympus 14-150mm and Leica lens on PEN review! July 23, 2010 reviews Write a comment Image courtesy: @forumolympusfrance [...]

  3. OlyFriend dit :

    Ayant eu la chance d'avoir pu acquérir il y a deux mois lors des Soldes un E-P2 + viseur VF-2 à un prix vraiment "plus que Canon !", je confirme que le Lumix 7-14/4.0 s'accorde effectivement particulièrement bien avec l'E-P2, qui est même devenu en fait carrément le bouchon arrière permanent de cet excellent UGA ! … . L'absence de flash intégré sur l'E-P2 n'est ainsi dans une telle configuration (aucun flash intégré ne peut venir "au secours" d'un UGA  …) évidemment absolument pas pénalisante du tout … tandis que les niveaux électroniques de l'E-P2 sont en revanche extrêmement appréciables, pour ne pas dire in-dis-pen-sa-bles. Bref, ce couple E-P2 + Lumix 7-14 (ou plutôt ce trio E-P2 + VF-2 + Lumix 7-14) est un vrai régal ! … .

Laissez une réponse !

WordPress Themes


Weboy