M. Zuiko Digital 12mm f/2.0 : le test

Le M. Zuiko Digital ED 12mm f/2.0 objet de notre test, annoncé le 30 juin 2011 (voir notre présentation détaillée ICI), est le premier objectif à vocation "expert" de la gamme d’objectifs à monture Micro 4/3 d’Olympus. Nous étions donc très impatients de pouvoir nous faire un avis sur cet objectif !
1/ Caractéristiques techniques.
Les caractéristiques du M. Zuiko Digital ED 12/2.0 ont déjà pu être présentées dans le détail ICI. Nous nous contenterons donc d’un rapide rappel.
Le M. Zuiko Digital 12/2.0 est un objectif à monture Micro 4/3. Il peut donc être monté indifféremment sur les boîtiers Olympus PEN et sur les boîtiers Panasonic Lumix G, GF, GX et GH, sans problème de compatibilité (en revanche, comme tous les objectifs à monture Micro 4/3, il ne peut en aucune manière être monté sur les reflex 4/3).
Le M. Zuiko Digital 12/2.0 est un objectif à focale fixe de 12mm cadrant donc comme un très grand angle 24mm en "équivalent" 24×36. Comparé aux autres objectifs M. Zuiko Digital grand angle 14-42/3.5-5.6 et 17/2.8, on constate que le 12mm cadre ainsi beaucoup plus large.

Passez votre souris sur les focales ci-dessous pour comparer l’angle de champ :


12mm14mm17mm

 

Le M. Zuiko offre de surcroît une ouverture généreuse de f/2.0. Une ouverture qui pourra être utile en condition de faible luminosité d’autant que monté sur un Olympus PEN, l’objectif bénéficiera également de la stabilisation par translation du capteur d'image du boîtier.
Ce 12/2.0 est équipé par ailleurs d’une motorisation rapide et silencieuse "MSC" (Movie and Still Compatible) permettant une mise au point à la fois… rapide et silencieuse ! Un gage de confort en photo mais également d’efficacité en vidéo, l’enregistrement sonore n’étant alors pas "parasité" par l’objectif faisant le point.
La mise au point manuelle est évidemment possible. Pour ce faire, Olympus a développé un système original. Il est ainsi possible de passer directement de l’autofocus à la mise au point manuelle sans passer par le menu de l’appareil ou par un bouton sur l’appareil. Il suffit de tirer la bague de mise au point vers la base de l’objectif. L’échelle de distance gravée sur l’objectif est alors apparente.
2/ Prise en mains
La prise en main surprend doublement et agréablement.
Tout d’abord, le M. Zuiko Digital 12/2.0 surprend par son gabarit : l’objectif est incroyablement compact et léger ! C’est simple avec 130gr, ce 12/2.0 est quatre fois plus léger qu’un Sony Zeiss 24/2.0 SSM de 555gr ! Il reste ainsi très discret à l’image des pancakes M. Zuiko Digital 17/2.8 (71gr) ou Panasonic Lumix 20/1.7 (100gr), un avantage non négligeable pour la photo de rue.
Or cette compacité très poussée n’a pas été obtenue en sacrifiant la qualité de fabrication. Le 12/2.0 dispose en effet d’une fabrication en métal très agréable et d’une finition irréprochable. L’objectif n’a pas la densité d’un Voigtländer Nokton 25/0.95 beaucoup plus lourd (voir notre test ICI) mais le M. Zuiko a néanmoins une réelle présence en main et le métal offre là encore à l’objectif un touché incomparable.
La bague de mise au point est parfaitement fluide et on peut noter qu’elle n’offre pas tout à fait la même consistance selon qu’on utilise la bague en position autofocus ou en position manuelle : en position manuelle, tout en restant très douce, la bague oppose en effet un peu plus de résistance, un avantage pour une mise au point manuelle plus précise. La course est également différente : la bague peut tourner sans fin en position autofocus, elle tourne sur un quart de tour seulement en position manuelle.
Ce mécanisme confère à ce M. Zuiko Digital 12/2.0 deux caractères distincts selon qu’il est utilisé en autofocus ou en mise au point manuelle. Ce mécanisme induit en effet un touché différent mais implique également une mise en œuvre de la loupe d’assistance de mise au point différente selon que la bague de mise au point est en position autofocus ou mise au point manuelle.
Sur les boîtiers PEN, en mode S-AF + MF ou MF, la loupe d’assistance à la mise au point manuelle peut être activée juste en manipulant la bague de mise au point des objectifs à monture Micro 4/3 (hormis pour le Voigtländer Nokton 25/0.95 en raison de l’absence de communication entre le boîtier et l’objectif). Le simple fait de tourner légèrement la bague permet ainsi d’afficher la zone agrandie dans le viseur ou à l’écran facilitant ainsi la précision de la mise au point.
Cela fonctionne bien ainsi avec le 12/2.0 lorsque la bague est en position autofocus.
Néanmoins, ce dispositif ne fonctionne plus lorsque l’on met la bague de mise au point en position "manuelle" ! Il faut alors activer la loupe en appuyant sur le bouton dédié et appuyer de nouveau pour afficher l’image de la zone agrandie… Comme c’est le cas avec un objectif "complètement" manuel, comme le Voigtländer Nokton 25/0.95.
On pourra donc regretter donc de ne pouvoir profiter du confort offert par la possibilité d’activer la loupe en mode manuel par simple manipulation de la bague même si évidemment, la précision de la mise au point sans loupe ne pose pas de difficulté particulière avec ce très grand angle !
3/ Les photos
Bien entendu, sans être aussi extrême que le Panasonic Lumix 7-14/4.0 (voir notre test ICI), l’utilisation de ce très grand angle nécessite une certaine maîtrise de la composition. Les verticales auront en effet tendance à s’écrouler si l’axe de l’objectif n’est pas parallèle au sol (en A si l’on vise "en haut", en V si l’on vise "en bas"). Il faut ainsi soigner sa composition, notamment son premier plan, et on évitera de placer des individus sur les bords de l’image. Bref, les recommandations habituelles s’agissant d’un très grand angle.
Lors de notre test, pour l’essentiel, nos photos ont été prises avec un PEN E-P3 en RAW puis visualisées et développées sous Viewer 2 (Lightroom et Camera Raw prennent désormais en charge les RAW du PEN –EP3, voir ICI).
Comme pour tous les objectifs Micro 4/3 M. Zuiko Digital ou Panasonic Lumix, les jpeg et les raw obtenus avec le M. Zuiko Digital 12/2.0 font l’objet d’une correction directement appliquée par le boîtier et/ou par le logiciel "propriétaire" (Olympus Viewer 2) fourni gratuitement avec l’appareil. Ainsi, si vous utilisez Viewer 2, vos Raw apparaîtront sur l’écran de votre ordinateur corrigés des défauts optiques de l’objectif mais cela ne sera pas le cas avec certains logiciels tiers ne prenant pas en charge les RAW de votre boîtier Micro 4/3. Ces corrections devront alors être effectuées en créant par exemple un profil spécifique pour cet objectif lors du développement des RAW en JPEG.
Nous nous intéresserons donc aux images après cette correction automatique "intégrée" : les images dépourvues de cette correction n’ont à notre avis pas de sens dans la mesure où c’est bien une image "finie", le résultat final, que l’on regardera, imprimera et que l’on partagera : soit le jpeg en sortie de boîtier (et donc corrigé par le boîtier), soit le raw auquel aura été appliqué une correction soit via le logiciel "propriétaire" soit par profil, etc. lors de son développement en jpeg. Libre à chacun de partager ou non ce point de vue bien entendu mais c’est bien, nous semble-t-il, le postulat du Micro 4/3.
Dans ces conditions, les performances optiques du M. Zuiko Digital 12/2.0 sont clairement d’un excellent niveau : les distorsions sont manifestement bien corrigées, le vignettage reste faible à pleine ouverture et bien entendu indécelable en diaphragmant. Les aberrations chromatiques  restent limitées et ne constituent pas un réel problème.

 

Passez votre souris pour voir le vignettage et les crops à diffées ouvertures :
2.02.22.52.83.23.544.555.66.37.18910111314

 

Les Zuiko sont réputés pour offrir un piqué quasi optimal à pleine ouverture et une belle homogénéité : à cet égard, le M. Zuiko Digital 12/2.0 se révèle être un vrai Zuiko ! Le piqué s’avère ainsi excellent avec une homogénéité satisfaisante (mais pas exceptionnelle) dès la pleine ouverture (les coins étant logiquement moins piqués) ; le piqué déjà élevé progresse finalement peu en diaphragmant, au contraire de l’homogénéité qui, elle, s’améliore sensiblement.

 

Conclusion :
Expert dans sa présentation (métal, mise au point manuelle) et par son prix de 799 € (qui reste malgré tout très inférieur aux 24mm équivalent en 24×36…), on regrettera que le 12/2.0 ne reprenne pas les "standards" experts de la gamme 4/3. On regrettera ainsi que l’objectif ne soit pas tropicalisé et qu’il soit commercialisé, sans housse/étui et sans pare-soleil (69,90 €, le pare-soleil LH-48 étant en métal, étant précisé que l’on peut aussi remplacer le bouchon avant en plastique du 12/2.0 par un bouchon en métal LC-48 au prix de… 39,90€).
Les performances sont toutefois bien présentes, conforme à ce qu'un expert peut attendre d'un tel objectif. De surcroît, grâce à une très belle qualité de fabrication, le plaisir d’utilisation est bien réel lui aussi ! En cela, le 12/2.0 est clairement un vrai Zuiko, très attachant et qui rend le système PEN et Micro 4/3 d’une manière général encore plus attractif.
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10 Responses : “M. Zuiko Digital 12mm f/2.0 : le test”

  1. fama13 dit :

    Alors la moi je dis Chapeau ;)

  2. seel dit :

    depuis que je lai sur mon EP3 je ne le quitte plus!!!!

  3. ihane dit :

    Bonjour,
    Et avant tout bravo pour le site et les article très bien détaillés.
    Dites moi je cherche un objectif grand angle pour mon GF2 .
    Je suis un débutant question photo et je recherche un objectif pour de la photo de rue (généralement la nuit) et en intérieur. 
    J'ai eu l'occasion de tester le 20 mm de panasonic et je l'ai trouver très bon ( ce n'est que mon avis d'amateur), et au vu de votre test pour le coup j'hésite entre les deux objectifs. 
    mais je voudrais votre point de vue que se soit pour la photo de rue d'intérieur, et pour la vidéo. Si vous trouvez le temps de me répondre se serait avec joie que je vous lirais. 
     
    De plus j'aimerais savoir comment sont réalisées vos photos qui illustre cette article, s'il y a des retouche et de quel genre… j'adore ses photos et le style particulier qui en dégage..
    Cdt

  4. doubichou dit :

    Bonsoir et merci pour vos commentaires très sympathiques !
    L’angle de champ couvert par le 12mm est beaucoup plus large que celui du 20mm qui cadre donc plus serré. Vous pouvez déjà vous en faire une idée avec nos photos prise à 12, 14 et 17mm plus haut dans notre article. Le 20mm cadrera plus serré encore que le 17mm. Autant dire que l’on ne fait pas la même chose, les mêmes photos avec un 12mm et un 20mm. En réalité, ces deux objectifs seraient plus complémentaires que concurrents. Ceci dit, le 20mm sera sans doute plus polyvalent en ce qu’il permet de faire du portrait (pas trop serré quand même), ce qui n’est pas vraiment possible avec un très grand angle (qui étire les perspectives).
    S’agissant des photos illustrant notre article, elles ont été prises par Komm qui a utilisé les filtres artistiques embarqués dans l’Olympus PEN E-P3. Il est ainsi possible d’obtenir ces résultats sans retouche : on prend la photo et c’est tout. En revanche, le Panasonic GF2 ne propose pas ces filtres.
    Bien cordialement,

  5. ihane dit :

    Re-bonsoire et merci de votre réponse.
    Donc si je comprend bien notre point de vu moi qui fait essentiellement des photos en de rue ou en intérieur le 20mm est le plus adéquate? 
    je pense que je vais rester sur le 20mm alors, deja que lors de mes teste je l'ai bcp apprécier…. 
     
    merci a vous. 

  6. Eric Bielle dit :

    le boitier OM-D  et le Zuiko digital ED 12/2.0, ce boitier est-il réellement un vrai 16,7 millions de pixels, car je suis un pro et je souhaite l'utiliser souvent à 6400 iso, sur des petits formats de tirages offset maxi A4 et faire de grands tirages (3 m de long) à des asa comme 100, par exemple, j'ai actuellement un D700 et je souhaitais passer au 800 avec une optique 24mm/1,4, mais les tarifs me rebute beaucoup et le temps de rentabiliser cet investissement est très très long, sachant qu'avec la crise les commandes sont plus rares et difficiles à faire payer aux tarifs normaux, en plus ce matos est lourd et encombrant, car je fais beaucoup de montagne,  merci de votre réponse et chapeau pour les tests de votre site.
    A bientôt de lire votre réponse.
     
    Très cordialement
     
    Eric Bielle

  7. doubichou dit :

    Bonjour,

    Merci pour vos encouragements.

    Le capteur de l’E-M5 est donné pour 16.1 MP effectifs. La fiche technique de l’E-M5 indique que les raw de l’E-M5 font 4608×3456 pixels, soit un total de 15.925.248 pixels. Précisons que l’image présente alors un ratio 4:3 (les Olympus PEN et OM-D embarquant un capteur 4/3).
    Comme vous utilisez actuellement un D700, il est peut-être utile de préciser qu’une image 3:2 prise avec un E-M5 présente une définition de 4608×3072, soit 14.155.776 pixels. Donc plus qu’un D700.

    Si vous le souhaitez, nous pouvons vous faire parvenir (la semaine prochaine) un raw issu de l’E-M5 avec ce M.Zuiko 12/2.0 à 100ISO et un autre à 6400ISO. Vous pourrez alors procéder à des tirages pour test.

    Bien cordialement,

    Jean-Christophe

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